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Vendredi, 08 Janvier 2010 |
Le chien et la maison (SandraEtLeChien.com)
04/11/2009
C’est autour du foyer social et du chien que se transmettaient – se transmettent? – les incantations religieuses, les formules médicinales, l’orientation des étoiles, les secrets de la chasse et de la pêche, les racines mythologiques du groupe et les rêveries de l’imagination. En ce sens, le chien est un compagnon pour penser notre intimité et la défendre. L’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société, est partagée avec un Autre. En défendant le lieu d’habitation, le chien indique à l’homme qu’il co-crée son monde intime. Or, l’homme pour créer le monde intime avec un Autre doit se retirer – de lui-même – de toute l’échelle de l’évolution pour laisser sa place à l’autre…poilu. D’une certaine manière c’est à une éthique de la responsabilité qu’incite cette position : « continuer non pas à maîtriser mais à se maîtriser. Non pas à augmenter la puissance, mais à la limiter. Non pas à emplir le monde mais à mettre des limites et à renoncer. L’homme doit se maîtriser et s’autolimiter », explique Marc-Alain Ouaknin[1] pour vivre le monde avec modération.
Donc laisser la place à d’autres que lui pour… mieux laisser devenir le monde.
[1] Ouaknin. Marc-Alain. Zeugma, Seuil, p 360
03/10/2009
Le chien invite à revoir la maison et la manière dont on en parle. Le chien est resté dans la maison de l’homme. Le chien est resté avec l’homme. Et il y est toujours. Lieu d’habitation de l’homme, sa demeure est partagée avec une autre espèce, quotidiennement. En ce sens, c’est à une écologie interspécifique que le chien nous interpelle. En effet, l’écologie est « un être-là dans la demeure du monde », dit Marc-Alain Ouaknin, dans ‘Zeugma’ (Seuil, p 446). Le lien qui unit l’homme à son lieu d’être, sa maison, c’est aussi son chien, une espèce différente. Françoise Armengaud propose même d’appeler ‘Complexe de Noé’ cette hantise de faire de sa maison ou de la cité une arche, microcosme affectueux, garantie de salut. Les murs de cette maison de l’homme retentissent des mots pour le chien, l’homme construit une demeure avec la parole, pour la parole et « seule cette parole peut sauver le monde de son effondrement », soutient Marc-Alain Ouaknin. Pour paraphraser Hölderlin : c’est en compagnon que l’homme habite dans sa maison.
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Vendredi, 08 Janvier 2010 |
Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes. Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : ‘pour moi l’important reste l’humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l’animal comme ça. C’est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique’. Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré … en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais.
Concept du blogue L’étude du chien en société est inhérente à celle de l’homme en société. Étudier l’un c’est éclairer l’autre. C’est le chemin le moins fréquenté des sciences de l’homme et pourtant le chemin le plus fort d’enseignements.
L’homme et le chien forment une société distincte. Leurs relations se façonnent en profondeur depuis des millénaires. Aujourd’hui, la frontière inutilement et stérilement érigée et jugée infranchissable entre l’homme et l’animal devrait tomber par elle même.
Or, au Québec, règne encore une vision stéréotypée du chien qui fait perdurer des ilots d’obscurantisme contre-productifs niant les résultats les plus récents de la recherche scientifique.
Car, finalement, le chien n’est pas le meilleur ami de l’homme, c’est son compagnon d’évolution.
Ce blogue est une invitation à croiser le regard d’un Autre différent-le chien avec lequel l’homme a développé une communication riche et réelle sur fond d’histoire interspécifique féconde.
Bienvenue dans la société anthropocanine! [1]
[1] Voir ‘Des chiens et des hommes’, Dominique Guillo, Le Pommier (Paris)
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Vendredi, 08 Janvier 2010 |
Archive de la catégorie ‘Le chien en relation’ (SandraEtLeChien.com)
06/11/2009
Le Québec nage en pleine cruauté. Ce nouvel âge (cf. William Hogarth (1697-1764) se déroule sur la place publique, sous l’œil intéressés des badauds. Et qui jouit des sévices infligés aux animaux et aux chiens? Le grand et le petit. Vous et moi, auteurs automates, diffuseurs involontaires, producteurs inconscients des violences prodiguées. Le chien est victime d’une intolérable méchanceté de la part des humains. Il est tout d’abord exposé derrière une vitre dans un magasin qui recrée une ambiance ‘nature’, sans aucun contact avec les siens et avec des humains. Dans son bocal de verre, le chien attend la main salvatrice qui le tirera de là. Salvatrice? En 2008, on compte 16 000 abandons. …. Le toutou est devenu encombrant, qu’à cela ne tienne, on s’en débarrasse.
On ne peut plus supporter son comportement anormal, anormal dans le sens ‘pas conforme à l’humain’. On le tue. Sous couvert de bonne conscience, on raconte une histoire que seul le meurtrier peut avaler. En 2008, on dénombre 4802 euthanasies de chiens… mais c’est sans compter celles opérées par les entreprises de contrôle animal et les cliniques vétérinaires. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation parle même de comportements irresponsables de la part des citoyens. S’engager auprès de son chien implique « l’acceptation – volontaire et heureuse – d’un autre, intrinsèquement étranger aux cultures humaines » (1). Mais pour s’en prendre aux brutalités de notre temps de manière efficace, le chemin de la pleine conscience de soi s’avère le chemin le plus sûr pour une reconnaissance et une acceptation mutuelles.
C’est le chemin le moins fréquenté.
[1] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p. 8
Publié dans Le chien en relation | Aucun commentaire »
19/10/2009
L’homme ne peut avoir de relation avec ce qui l’entoure sans donner un nom. Un nom ça veut dire qu’on se reconnaît comme individu et qu’on reconnait tel objet comme une forme, une figure spéciales… Une relation d’intimité avec une chose, un chien ou un humain sollicite une appropriation par un nom. Ainsi, le nom donné au chien lui reconnaît une individualité…. «Le chien domestique devient en quelque sorte une personne quand il acquiert une identité par le nom, dès que l’on entre dans la sphère de l’intimité et du lien personnel, il n’est plus possible d’appeler un chien un chien »[1]. Quand le chien lève le museau à l’écoute de son nom, l’important n’est pas ce que signifient réellement les signaux adressés, mais ce que l’homme en pense : mon chien sait son nom. Mon chien c’est quelqu’un. Or, dans ce langage, les interactions avec le chien ne se basent pas uniquement sur des noms dits, criés, hurlés, susurrés mais surtout sur tous ces codes affectifs que le maître partage avec son chien. En appelant le chien, le maître partage des émotions - froides, chaudes ou mitigées - mais des émotions quand même.« Celles-ci constituent des affects profonds et sociaux, puisque l’homme est affectivement au monde »[2], en ce sens le chien tombe à point nommé : il aide un homme blessé par le non-sens de l’existence à cicatriser ses blessures, ainsi qu’à passer d’une dérive intérieure à un renouveau psychologique et ontologique. Comme quoi un nom peut polariser une personne et l’orienter[3]. En clair, cette rencontre anthropocanine présente un beau risque…. Celui de bouleverser une vie.
[1] Chevrier Jean-François, Maurice Christine. ‘L’animalité comme envers de l’humain’, in L’Animal dans nos sociétés, La Documentation française, 2004 p. 17 [2] Le Breton, David. Les passions ordinaires, Anthropologie des émotions. A. Colin et Masson, Paris, p 91 [3] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000 |
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Vendredi, 08 Janvier 2010 |
Marc Bekoff is Professor of Biology at the University of Colorado, Boulder, a fellow of the Animal Behavior Society, and recipient of their Exemplar Award for outstanding contributions to the field of animal behavior.
Nous avons besoin d’éthologues, de généticiens, de biologistes évolutionnistes, de neurobiologistes, de psychologues, d’anthropologues, de philosophes, de théologiens, de spécialistes des religions et de chefs spirituels pour être à la hauteur de cette tâche extrêmement difficile : comprendre la vie affective et morale des animaux, la comparer aux conceptions morales, éthiques et spirituelles de l’homme et voir son rôle dans leur évolution. Bekoff, Marc. Les émotions des animaux, p. 77, Manuels Payot
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