Billet signé par SandraEtLeChien.com
Vendredi, 08 Janvier 2010

Archive de la catégorie ‘Le chien en relation’ (SandraEtLeChien.com)

La cruelle cruauté…

06/11/2009

Le Québec nage en pleine cruauté.
Ce nouvel âge (cf. William Hogarth (1697-1764) se déroule sur la place publique, sous l’œil intéressés des badauds. Et qui jouit des sévices infligés aux animaux et aux chiens? Le grand et le petit. Vous et moi, auteurs automates, diffuseurs involontaires, producteurs inconscients des violences prodiguées.
Le chien est victime d’une intolérable méchanceté de la part des humains. Il est tout d’abord exposé derrière une vitre dans un magasin qui recrée une ambiance ‘nature’, sans aucun contact avec les siens et avec des humains. Dans son bocal de verre, le chien attend la main salvatrice qui le tirera de là.
Salvatrice? En 2008, on compte 16 000 abandons. …. Le toutou est devenu encombrant, qu’à cela ne tienne, on s’en débarrasse.

On ne peut plus supporter son comportement anormal, anormal dans le sens ‘pas conforme à l’humain’. On le tue. Sous couvert de bonne conscience, on raconte une histoire que seul le meurtrier peut avaler. En 2008, on dénombre 4802 euthanasies de chiens… mais c’est sans compter celles opérées par les entreprises de contrôle animal et les cliniques vétérinaires.
Le
ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation parle même de comportements irresponsables de la part des citoyens. 
S’engager auprès de son chien implique « l’acceptation – volontaire et heureuse – d’un autre,  intrinsèquement étranger aux cultures humaines » (1). Mais pour s’en prendre aux brutalités de notre temps de manière efficace, le chemin de la pleine conscience de soi s’avère le chemin le plus sûr pour une reconnaissance et une acceptation mutuelles.

C’est le chemin le moins fréquenté.081707

[1] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p. 8

Mon chien s’appelle quelqu’un

19/10/2009

L’homme ne peut avoir de relation avec ce qui l’entoure sans donner un nom. Un nom ça veut dire qu’on se reconnaît comme individu et qu’on reconnait tel objet comme une forme, une figure spéciales… Une relation d’intimité avec une chose, un chien ou un humain sollicite une appropriation par un nom. Ainsi, le nom donné au chien lui  reconnaît une individualité….  «Le chien domestique devient en quelque sorte une personne quand il acquiert une identité par le nom, dès que l’on entre dans la sphère de l’intimité et du lien personnel, il n’est plus possible d’appeler un chien un chien »[1].
Quand le chien lève le museau à l’écoute de son nom, l’important n’est pas ce que signifient réellement les signaux adressés, mais ce que l’homme en pense : mon chien sait son nom. Mon chien c’est quelqu’un. Or, dans ce langage, les interactions avec le chien ne se basent pas uniquement sur des noms dits, criés, hurlés, susurrés mais surtout sur tous ces codes affectifs que le maître partage avec son chien. En appelant le chien, le maître partage des émotions - froides, chaudes ou mitigées - mais des émotions quand même.« Celles-ci constituent des affects profonds et sociaux, puisque l’homme est affectivement au monde »[2], en ce sens le chien tombe à point nommé : il aide un homme blessé par le non-sens de l’existence à cicatriser ses blessures, ainsi qu’à passer d’une dérive intérieure à un renouveau psychologique et ontologique.
Comme quoi un nom peut polariser une personne et l’orienter[3].
En clair, cette rencontre anthropocanine présente un beau risque…. Celui de bouleverser une vie.


[1] Chevrier Jean-François, Maurice Christine. ‘L’animalité comme envers de l’humain’, in L’Animal dans nos sociétés, La Documentation française, 2004 p. 17
[2] Le Breton, David. Les passions ordinaires, Anthropologie des émotions. A. Colin et Masson, Paris, p 91
[3] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000
 

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