UN MOT A VALU MILLE MAUX - Richard Yalaoui
Il était une fois longtemps, c’était en 1993, je revenais de l’enterrement de mon meilleur ami, un journaliste tué par les terroristes islamistes. J’ai regardé le ciel et je lui ai demandé des comptes.Il sortit du haut de son nuage et me dit : Tout ce que tu diras sera retenu contre toi.
Il avait les moyens de sa politique alors que moi, en ces temps là, Dieu était pour moi un luxe que je ne pouvais absolument pas me permettre.
Deux ans plus tard, je suis allé faire un reportage sur le massacre de Srebrenica. J’y suis resté neuf jours. Quand j’ai cligné du cerveau, je me suis retrouvé dans un Mc Donald au coin Papineau et Mont-Royal, écoutant la discussion d’un couple sur l’immigration asiatique. J’ai regardé le ciel et je lui ai demandé des comptes.
Il grondât du haut de son vent et me dit en Eolant : Tout ce que tu diras sera retenu contre toi.
Je le savais capable de tout. Je me tus avant que je ne sois sa salamandre, son ennemie parait-il depuis qu’elle a pissé sur le tapis d’un prophète.
Il ya eu ensuite les hutus, les palestiniens, et récemment les haïtiens. A chaque fois, je levais les yeux vers le ciel mais je ne disais rien. Je profitais pour regarder les feux d’artifice de la ronde, c’est tellement plus beau que les remontrances que je pouvais avoir contre LUI.
Je savais que tout ce que je dirai, serait retenu contre moi. Depuis quelques mois, j’ai compris qu’il pouvait délaisser les kosovars, les palestiniens, les indiens amazoniens et s’intéresser à moi…A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto
Richard Doîde Yalaoui








Un mot a valu mille maux